Aminata s'exprima avec un sourire amer, les yeux vides, comme si elle récitait une des leçons apprise de monsieur Diop — professeur d'histoire-géographie. « Les rêves sont comme de petites chenilles qui meurent avant même de découvrir qu'en grandissant, elles devaient avoir des ailes. Qu'aurais-je pu faire ? J'ai juste accepté mon destin. La tristesse est partie. En ce moment, je me sens plutôt comme une guerrière qui doit mener un combat et affronter ses peurs pour réussir. Je sais que ma famille l'a fait pour mon bien. Ils m'aiment, ils me connaissent mieux que quiconque ; ils m'ont donné naissance, ils m'ont nourrie jusqu'alors. Qui d'autre pourrait vouloir mon bien plus qu'eux ? » Je passai ma main sur le drap de coton usé. Au lieu d'être réconfortée par une chaleur familiale, je fus