Une Révélation Morbide

1495 Words
Il faut que je me remette au travail, pensa-t-elle, assise à même le sol, en plein milieu de son salon et face à une télévision sans image, ni son. Puis tout d'un coup, sortir avec Adrian, encore ces mots dansant dans ses pensées. Elle courut alors dénicher dans sa chambre, un journal intime mi- plein qu'elle avait tenu lorsqu'elle n'était encore qu'une adolescente. Elle l'avait gardé précieusement. "Je sais", avança t-elle les genoux au sol, le journal entre ses petites mains douces et tremblantes, et un stylo noir sous les yeux qui était perdue sur le sol en bois de sa salle à manger. En relisant après tant d'années ce qu'elle avait écrit, "Un par un ils paieront", murmura-t-elle à son beau journal violet, le regard rempli de haine. Puis elle continua d'une voix plus marquée, "mais il me faut une force, de l'autorité... Je ne supporterai plus de me faire marcher dessus par ces imbéciles. Et par personne d'autres d'ailleurs." Ainsi dit, elle se leva. Lola se dirigea vers sa cuisine et prit dans son réfrigérateur un pot de chocolat aux noisettes et dans son range vaisselles une cuillère. Elle retourna ensuite s'assoir dans son salon pour le déguster, tout en prenant son journal et son stylo. 'Et si je sortais...' murmurait elle 'ou draguais.... le patron?' En pensant à sa collègue de travail, elle s'avoua 'Cette idiote de Térésa a quand même servit à quelque chose, elle m'a donné une idée parfaite.' Se réjouissait-elle, un sourire aux lèvres, avant de penser pour une énièmes fois, mais d'abord le patron, faut qu'il me mange dans la main. J'userai de mon charme.... après tout, je suis très demandée. "Ok! alors il me faut une idée pour l'impressionner...." Prononça t'elle mettant fin à la conversation qu'elle avait avec elle-même. La soirée passa et le lendemain au travail, elle se montra alors plus vive. Mais surtout, souriante. Elle qui d'habitude ne savait que porter sur son visage un coffre fermé ne laissant à personne l'opportunité de voir ses sentiments et ses émotions. Quelques heures passèrent, puis elle se leva de son bureau, lâchant un regard mesquin à sa voisine Térésa. Elle partageait son bureau et cela ne la dérangeait pas. Elle savait qu'un jour elle gravirait les échelons. Et la balade, elle commençait dès cet instant. Maintenant il était temps qu'elle mette son plan en action. Lola se dirigea alors vers le bureau d'Adrian, puis cogna. 'Entrez!' Commanda t'il les yeux indécollables de son ordinateur. Elle entra puis le salua 'Bonjour monsieur' d'une voix toute timide inhabituée à ce qu'elle s'apprêtait à faire. Tellement d'émotions l'effleuraient que son visage se fit emporter par un sourire charmant et un regard optimiste. Son silence qui écoutait plutôt les voix de sa tête poussa Adrian à lever ses yeux vers elle 'Ça va?' Dit il inquiet du comportement inhabituel de Lola. Un rire sauvage s'échappa en laissant ses mots s'emmêler avant de finalement répondre 'Oui!' Adrian agréablement surpris tout de même tint à lui faire part de ça 'vous êtes radieuse.' avant de lui demander, 'Que me vaut l'honneur de cette visite ?' 'Merci, pourrais je.... Vous parlez de quelque chose.... Monsieur?' Bégaya-t-elle. Il souriait et sa belle denture blanche nuage illuminait le regard de Lola 'Bien sûr!' Dit il 'Vous savez...?' Il s'arrêta avant de murmurer 'Nous sommes alliés!' 'Oui c'est que... désolée de vous le demander, est ce que... En fait, Je me sentirai trop gênée d'en parler ici. De plus, tout le monde pense qu'on sort ensemble.... Oups' Elle s'arrêta en couronnant son visage d'un air de petite fille. Les yeux baissés et le regard figé vers le sol. L'air d'être blâmée. Souriant à ce visage de Lola qu'il découvrait, Adrian ne répondit pas. Elle releva alors la tête gênée par le silence et continua 'je suis désolée monsieur, je ne voulais pas vous en parler, c'est sortie et...' Il leva sa main pour la signaler de s'arrêter 'Bon, on se fiche des « on dit », asseyez-vous donc.' La Pria-t-il. Elle s'assied avant de dire 'Laissez tomber, vous savez quoi ? je vous ferai une surprise pour la réunion de mardi prochain et on en reparlera. Je pense qu'il serait mieux que je reste focus sur le projet actuel.' Il la regardait droit dans les yeux, concentré vers ce bout de femme et lentement et à voix basse et lourde il se laissa parler 'Ok.... c'est comme vous voulez. À mardi alors. J'ai pleinement confiance en vous. Et si les ragots vous dérangent, dites moi qui en sont les auteurs... je saurai quoi faire.' La semaine passa et Lola s'épanouissait de plus en plus dans la peau d'un personnage narcissique. Mardi arriva. Elle décida d'habiller son corps et ses lèvres de rouge, ses yeux et ses pieds de noir. Quoi de plus que deux couleurs qui représentent douleurs, peines et sensualité. Autrement dit, ce qu'elle était. Les cheveux lissés au vent, elle se rendait à la réunion du travail en retard et tout cela ressortait de son plan. 'Bonjour et désolé du retard, vraiment.' Dit-elle en se pressant vers un siège, faisant face à celui d'Adrian. Elle avait pris la peine en effet de soudoyer quelqu'un de l'entreprise. Tous les regards ne manquèrent pas de se retourner vers elle. Elle se sentait forte, c'est ce qu'elle avait espéré. Adrian qui avait mit une pause à son discours pour la laisser s'installer lui fit par de son excitation 'Enfin vous êtes là... on discutait et... aucune proposition innovante jusqu'à lors. Impressionnez-nous donc autant que votre tenue car... vous nous épatez.' Elle se leva, le remercia et fit tomber l'écharpe qui couvrait sa tenue. Elle laissa alors en évidence ses formes, épousant parfaitement sa mi-longue robe rouge. 'Alors...' débutât- elle, 'je penses qu'on entre dans une ère où la population veut de quelque chose de nouveau mais qui leur rappelle tout autant leur souvenir d'enfance. Cette phase pourrait être une définition imparfaite de l'art. Et bien justement c'est ce qu'on fera de nos produits. De l'art. Que les clients ne soient pas juste satisfaits de la qualité, mais qu'ils soient emportés, et pensent ou jouissent rien qu'avec l'idée de se rouler dans nos accessoires.' Tout le monde était intrigué et voulait en savoir plus. Adrian éblouit par elle et ses idées la questionna 'Et que devons-nous faire?' Elle sourit, puis poursuit, 'Cela fait déjà un bon bout de temps que les produits WILSON sont dans le marché, il est vrai que beaucoup de gens sont restés fidèles à la marque mais il est temps pour nous de conquérir la nouvelle génération...' Sous l'épanouissement de tout le monde, elle fixa d'un regard timide Adrian. Térésa les voyait bien et elle était perplexe. Mais Lola ne s'occupait que de ses idées, elle poursuivit alors, 'pour faire monter la clientèle dans la saison prochaine on pourrait inclure une autre entreprise, juste pour une création dans un de nos produits quelconque.' Dit t-elle avant de baisser le ton de sa voix 'Comme deux artistes sur une balade amoureuse que deux vieillards écoutent, sur un bateau de croisière, peut être leur dernière croisière... comme celle de mes grands-parents.' Puis elle laissa son arme s'emporter dans de funèbres pensées. Si seulement vous étiez encore là. Vous avez été mon père et ma mère, vous avez osé m'abandonner sans me dire qui sont les imbéciles qui vous ont donné de telles charges. Plongée dans ses pensées, tout le monde s'étonna de sa baisse de moral. Adrian mit fin à la réunion et demanda à tout le monde de libérer la pièce après avoir imposé une autre réunion dans deux jours, afin que tout le monde réfléchisse à cette idée qu'il trouvait merveilleuse. À deux, ils se retrouvèrent alors dans une pièce, ce qu'elle voulait depuis peu. Son attention. 'Hey.... Ça va?' Demanda-t-il d'une voix nuageuse, se tenant debout face à elle, le regard gris. Mais la voyant sourde, il s'approcha et posa sa main froide sur son épaule. Levant ses yeux pas plus haut que la table, elle répondit enfin 'ça va merci, désolé pour tout ça.' 'OK alors je vous invite ce soir, ce sera l'occasion pour que l'on parle, et que vous sachiez que vous venez de renouveler quelque chose.' Elle sourit, se leva et sortit, le laissant seul, tout en évitant son regard. Linda, la meilleure amie de Térésa au boulot, et cette dernière, les espionnaient. Lola venait de s'en rendre compte. Parfait. Elle se dirigea vers Linda et Térésa et dit bien paisiblement, avec un sourire narcissique, 'Dis-moi Résa (Térésa), tu m'as proposé de me rapprocher un peu plus de ton beau gosse de service n'est-ce pas ? Et bien, je le ferai....' Sous les regards méprisés des deux Pimbêches du bureau, Lola s'empressa de rentrer directement chez elle, sans aviser quiconque pour garder l'intrigue sur elle. Elle m'était une majuscule à l'étape deux de son plan. Ce dîner risque d'être la tombe d'Adrian, mais il ne se doute de rien.
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